Survivre à une hémorragie interne : mon corps a frôlé la mort, deux fois
J’ai survécu à deux hémorragies internes.
Deux fois, mon corps s’est vidé de son sang pendant que je restais consciente, lucide, présente. Longtemps, les signaux ont été ignorés, minimisés, classés comme “normaux”. Ce témoignage n’est ni spectaculaire ni plaintif. C’est le récit brut d’une survie réelle, vécue de l’intérieur, quand le corps lâche et que la mort devient une possibilité concrète.
🔴 Survivre à une hémorragie interne : quand le corps donne l’alerte
Les premiers signaux ignorés dès l’adolescence 🚽
Mes premières règles sont arrivées à 11 ans, un jour où j’étais aux toilettes.
Le sang a coulé d’un coup, brutalement, comme une hémorragie. J’ai cru que j’étais en train de mourir. Personne ne m’avait préparée à ça. On m’a dit que c’était normal.
Dès le départ, les douleurs étaient extrêmes.
Pas des douleurs gênantes. Pas un inconfort.
Des crampes abdominales violentes, profondes, qui remontaient dans les lombaires, me coupaient la respiration et me clouaient sur place.
Les saignements étaient abondants, incontrôlables.
Je fuyais dans mes vêtements, même à l’école. Aucune protection ne suffisait. J’avais honte. Alors je faisais semblant. J’avançais. On m’expliquait que certaines femmes avaient “des règles plus fortes”. Alors j’ai appris à me taire.
À 11 ans, on croit les adultes.
On apprend très tôt à ne pas croire son corps.
Apprendre trop tôt à encaisser 🩸
J’ai grandi avec cette idée profondément ancrée :
- la douleur est normale
- le sang est normal
- souffrir fait partie du lot
Alors j’ai encaissé.
Année après année.
Mon corps envoyait déjà des signaux clairs, mais ils étaient noyés sous des phrases toutes faites. La souffrance n’était pas un motif d’inquiétude. Elle était une habitude.
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🚨 Errance médicale : quand la douleur existe mais n’est pas reconnue
Des douleurs viscérales sans réponse ⚠️
À l’âge adulte, les douleurs ont changé de forme.
Elles ne survenaient plus seulement pendant les règles.
J’ai commencé à faire des malaises, parfois des pertes de connaissance, liées à des douleurs neuropathiques violentes :
- décharges électriques dans le bassin
- irradiations dans le dos
- douleurs dans les jambes
Rien n’était clairement relié à mon cycle.
Les examens s’enchaînaient.
Les réponses, elles, n’arrivaient pas.
Tout revenait normal.
La fatigue de devoir prouver qu’on souffre 🧠
Quand les examens sont normaux mais que la douleur est réelle, quelque chose se brise.
Pas dans le corps.
Dans la confiance.
Je passais d’un rendez-vous à l’autre, d’une hypothèse à une autre, avec cette sensation persistante de devoir convaincre. Convaincre que ce que je ressentais existait.
La douleur était là. Permanente. Mais invisible.
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🩸 Première hémorragie interne : le basculement
Mai 2020 : une douleur hors norme 🚨
Mai 2020.
Premier jour du déconfinement.
Pendant que le monde célébrait la liberté retrouvée, je rampais sur le sol, incapable de me tenir debout.
La douleur était animale, viscérale, irradiante. Mon ventre hurlait. Mon dos brûlait. Respirer devenait une épreuve.
Je n’avais plus mes règles depuis deux mois.
Ce n’était pas une fausse couche.
Ce n’était pas une colique néphrétique.
C’était autre chose.
Et au fond de moi, je le savais.
Quand les examens ne montrent rien… 🧪
Les jours suivants ont été un marathon médical :
- échographies
- scanners
- IRM
- prises de sang
Tout revenait normal.
Moi, je sombrais.
La douleur ne diminuait pas. Elle empirait.
J’avais la sensation très claire que quelque chose de grave se jouait à l’intérieur.
Rectorragie et hématosalpinx : comprendre l’urgence 🩺
Un soir, malgré le Covid et la peur, je suis allée aux urgences.
Un toucher rectal brutal.
Un silence.
Puis deux mots : rectorragie.
👉 La rectorragie correspond à un saignement par l’anus, souvent signe d’une hémorragie digestive basse ou d’un saignement interne important.
Puis un autre terme : hématosalpinx — du sang accumulé dans une trompe utérine.
À partir de là, tout s’est accéléré.
Hospitalisation.
Intervention chirurgicale.
Mon corps était déjà engagé dans une hémorragie interne.
⚫ Deuxième hémorragie interne : frôler la mort en conscience
Réveil brutal, tension effondrée ⏰
Le lendemain de l’opération, à 6h du matin, on me réveille.
Ma tension est à 4.
On m’emmène faire une échographie abdominale.
Le simple changement de position — passer de la position assise à la position allongée — me fait hurler de douleur.
Mon corps ne supporte pas ce mouvement.
Quand on tente de me redresser ensuite, je perds connaissance immédiatement.
Je ne suis plus là.
🩸 Un litre de sang dans l’abdomen
Quand je reviens à moi, il fait déjà soir.
Il est environ 20h.
Le médecin m’explique alors ce qui s’est passé pendant mon inconscience : l’échographie a révélé un litre de sang dans l’abdomen.
J’étais en urgence vitale.
On m’a perfusé deux litres pour compenser la perte sanguine.
Ils ont eu très peur.
Ils ne savaient pas si j’allais me réveiller.
Je viens de survivre à ma deuxième hémorragie interne.
Consciente.
Présente.
Au bord.
🧠 Être consciente pendant une hémorragie interne
Ce que le corps ressent 🩻
Quand le corps se vide de son sang, il ne s’éteint pas immédiatement.
Il lutte.
Il y a :
- une chaleur étrange
- une faiblesse brutale
- une dissociation
- une perte progressive des repères
On est là. Et en train de partir.
L’expérience de mort imminente 🌫️
J’ai vécu une expérience de mort imminente.
Pas mystique.
Pas romancée.
Une sensation de bascule.
Un glissement.
Une lucidité étrange.
Quand on a vu la mort d’aussi près, on sait exactement de quoi on parle.
Ce que j’ai vu quand j’ai frôlé la mort : comprendre l’expérience de mort imminente
🌗 L’après : survivre avec la mémoire du corps
Revenir sans vraiment revenir 🤍
Survivre ne signifie pas revenir intacte.
Le corps se souvient.
La fatigue est différente.
La perception du danger change.
Il y a un avant et un après.
Humour noir et lucidité 🎭
J’ai gardé mon humour noir.
Mais j’ai perdu la patience pour ce qui est superficiel.
Je me détache plus facilement.
Je sais ce qui compte.
Et ce qui ne compte pas.
🩺 Quand la survie ne suffit pas à être crue
« Vous n’avez jamais été proche de la mort » 🤨
Quand on me dit que je n’ai jamais été proche de la mort, je souris.
Parce que je sais.
J’ai survécu à deux hémorragies internes, dont une avec un litre de sang dans l’abdomen.
Consciente.
Ceux qui n’ont jamais vécu ça ne savent pas de quoi ils parlent.
Survivre sans se plaindre 🤍
Je ne crie pas ma souffrance.
Je ne l’exhibe pas.
Je reste droite.
Pas par héroïsme.
Par pudeur.
🕊️ Survivre à une hémorragie interne, et rester debout
J’ai survécu à deux hémorragies internes.
J’ai vu la mort de près.
Je suis toujours là.
Ce témoignage n’est pas une plainte.
C’est une trace.
Pour que la douleur consciente, invisible, réelle, ne soit plus balayée d’un revers de main.
Survivre, parfois, c’est déjà un combat immense.
Et je suis encore debout.


